Huit points sur vingt, à l’oral, sur une matière que personne ne révise. L’épreuve d’EPS du CRPE bac+3 est la partie du concours dont on parle le moins, et c’est précisément ce qui en fait une occasion.
Deux malentendus l’entourent. Le premier consiste à croire qu’il faut être sportive pour la réussir : rien dans l’épreuve ne mesure une performance physique. Le second consiste à la traiter comme un supplément négligeable de l’entretien : une note de 0 y est éliminatoire, au même titre que sur l’autre partie.
En quoi consiste l’oral d’EPS du CRPE bac+3 ?
C’est un oral de connaissances de 20 minutes, précédé de 10 minutes de préparation, noté sur 8 points. Il forme la première partie de la seconde épreuve orale d’admission, dont l’entretien avec le jury constitue la seconde.

Les repères à retenir sur cette seconde épreuve orale :
- Durée totale de 55 minutes, coefficient 3.
- Partie EPS : 20 minutes, 10 minutes de préparation, 8 points.
- Entretien avec le jury : 35 minutes, 12 points.
- Une note de 0 à l’une ou l’autre des deux parties est éliminatoire.
Aucune pratique physique n’est demandée. Vous ne courez pas, vous ne nagez pas, vous ne démontrez aucun geste. Vous traitez une question, à l’oral, devant un jury. C’est une épreuve de connaissances et de réflexion sur l’éducation physique, pas une évaluation de vos capacités sportives.
Dans ces 20 minutes, l’exposé dure 8 minutes au maximum ; le temps restant est consacré à l’échange avec le jury. Cette répartition est celle indiquée par le ministère dans ses précisions sur la seconde épreuve orale d’admission.
Que recouvrent les trois domaines de connaissances ?
L’épreuve s’organise autour de trois domaines : la culture sportive, la culture corporelle et la culture citoyenne. Ils ne se recoupent pas, et chacun appelle un type de réponse différent.

La culture sportive. Les activités physiques et sportives elles-mêmes : leur logique interne, leurs règles, ce qu’elles développent, la place du sport dans la société et son histoire. C’est le domaine le plus proche de ce que le mot « EPS » évoque spontanément, et souvent le moins discriminant.
La culture corporelle. Le corps en mouvement : son fonctionnement, son développement chez l’enfant, la santé, l’hygiène de vie, le rapport à son propre corps. C’est le domaine où l’on attend une articulation entre des connaissances générales et ce qu’elles impliquent pour des élèves de trois à onze ans.
La culture citoyenne. Ce que l’activité physique engage collectivement : la règle, l’arbitrage, le respect de l’adversaire, l’égalité entre les filles et les garçons, l’inclusion des élèves en situation de handicap, le rapport à la performance et à l’échec. C’est le domaine le plus proche des valeurs de la République, et celui où les réponses convenues se repèrent le plus vite.
Comment se déroulent les 10 minutes de préparation ?
Elles servent à choisir votre question et à construire un plan, pas à rédiger. Dix minutes ne permettent pas d’écrire un texte, et une lecture de notes rédigées se voit immédiatement.

Une répartition qui fonctionne, à ajuster à votre rythme :
1. Une minute pour choisir. Lisez les deux questions et retenez celle pour laquelle un exemple concret vous vient immédiatement. Un exemple précis vaut mieux qu’un sujet que vous trouvez plus noble.
2. Cinq minutes pour structurer. Deux ou trois idées, pas davantage, chacune adossée à un exemple issu de la classe.
À vérifier avant de vous arrêter : chaque idée mène-t-elle à quelque chose de concret pour des élèves d’école primaire ?
3. Deux minutes pour l’entrée et la sortie. La première phrase et la dernière sont les seules qui méritent d’être écrites mot à mot. Ce sont celles qu’on rate quand on improvise.
4. Deux minutes pour anticiper. Notez les deux questions que vous poseriez à votre place. Le jury les posera probablement.
Sur quel programme faut-il réviser ?
Sur les programmes d’enseignement commun d’EPS du cycle 4, comme pour le reste du concours bac+3. Le niveau attendu est celui du collège, appliqué à une réflexion sur l’enseignement à l’école primaire.

Cette double référence est ce qui déroute au premier abord. Le programme de révision est celui du collège, mais les exemples que vous mobilisez doivent concerner des élèves d’école maternelle et élémentaire, puisque c’est là que vous enseignerez. Un exposé qui reste au niveau du collège manque sa cible.
Une source sous-utilisée. Les programmes officiels d’EPS de l’école primaire décrivent quatre champs d’apprentissage, et chacun fournit des exemples directement mobilisables : produire une performance, adapter ses déplacements à des environnements variés, s’exprimer devant les autres par une prestation, et conduire un affrontement individuel ou collectif. Trois exemples solides tirés de ces champs valent mieux qu’un survol de toutes les activités sportives existantes.
Le format de l’ensemble des épreuves d’admission, ainsi que ce qui distingue le concours bac+3 du concours bac+5, sont détaillés sur nos pages sur les épreuves orales du CRPE et sur la réforme du concours.
Qu’est-ce qui distingue une réponse solide d’une réponse convenue ?
L’ancrage dans une situation de classe précise. Sur cette épreuve, les généralités sont la faute la plus fréquente, et la plus facile à corriger.

« L’EPS développe le vivre-ensemble » est une phrase que le jury entend toute la journée. Elle n’est pas fausse, elle est simplement invérifiable. « Dans un jeu collectif en CE2, faire tourner le rôle d’arbitre à chaque manche oblige chaque élève à appliquer une règle qu’il vient de subir » dit la même chose, mais elle décrit quelque chose qui se passe réellement.
Trois réflexes qui changent la note :
- Nommer un niveau de classe. Ce qui vaut en grande section ne vaut pas en CM2, et le dire montre que vous connaissez le développement de l’enfant.
- Assumer une difficulté. Les contraintes de matériel, de créneau de gymnase ou d’élèves dispensés existent. Les évoquer n’affaiblit pas votre propos, cela le crédibilise.
- Aller jusqu’au geste professionnel. Ne vous arrêtez pas à l’intention pédagogique, dites ce que fait l’enseignante concrètement dans la séance.
L’échange qui suit l’exposé n’est pas un piège. Une question du jury signale le plus souvent un point que vous avez traité trop vite, et l’occasion de le compléter. Répondre « je n’ai pas d’exemple précis sur ce point, en revanche je peux vous dire ce que j’observerais » vaut mieux qu’une improvisation.
Comment s’y préparer sans y consacrer des mois ?
En constituant une réserve d’une dizaine d’exemples de séances, répartis sur les cycles et sur les quatre champs d’apprentissage. C’est ce stock, et non l’étendue de vos connaissances sportives, qui vous permettra de traiter n’importe quelle question.

Le rendement de cette épreuve est élevé pour une raison simple : elle pèse 8 points sur 20 dans une épreuve de coefficient 3, et la plupart des candidates et candidats l’abordent sans préparation spécifique. Quelques heures bien employées y produisent plus d’effet que les mêmes heures ajoutées aux mathématiques.
Trois questions à vous poser à un mois de l’oral :
- Combien d’exemples de séances pourriez-vous décrire maintenant, sans notes, en trente secondes chacun ?
- Ces exemples couvrent-ils la maternelle autant que le CM2, ou tournent-ils tous autour du même niveau ?
- Sauriez-vous rattacher chacun d’eux à l’un des trois domaines de l’épreuve, culture sportive, corporelle ou citoyenne ?
Un dernier mot sur ce que cette épreuve dit du métier. Elle peut ressembler à une formalité ajoutée pour compléter une grille. Elle traduit en réalité une réalité du quotidien d’une professeure des écoles : l’EPS représente trois heures par semaine dans une classe, c’est le moment où les règles collectives s’apprennent pour de bon, et c’est souvent là que se révèlent des élèves qui ne brillent nulle part ailleurs. Préparer cet oral, ce n’est pas cocher une case de plus. C’est se demander ce qu’on fera de ces trois heures.
Les programmes d’enseignement d’EPS sont publiés sur Eduscol, le site de référence du ministère pour les contenus d’enseignement.
Combien de temps dure l’oral d’EPS du CRPE bac+3 ?
La partie EPS dure 20 minutes, précédées de 10 minutes de préparation. Elle constitue la première partie de la seconde épreuve orale d’admission, qui dure 55 minutes au total et porte un coefficient 3.
Combien de points vaut l’EPS au CRPE ?
La partie EPS est notée sur 8 points, l’entretien avec le jury sur 12 points, dans une épreuve de coefficient 3. Une note de 0 à l’une ou l’autre des deux parties est éliminatoire.
Faut-il être sportive ou sportif pour réussir l’oral d’EPS du CRPE ?
Non. Aucune pratique physique n’est demandée pendant l’épreuve : vous ne courez pas, vous ne nagez pas et vous ne démontrez aucun geste technique. Il s’agit d’un oral de connaissances et de réflexion sur l’enseignement de l’éducation physique.
Quels sont les trois domaines de l’oral d’EPS du CRPE ?
La culture sportive, qui porte sur les activités physiques et leur place dans la société ; la culture corporelle, qui porte sur le corps en mouvement, son développement et la santé ; et la culture citoyenne, qui porte sur la règle, le respect, l’égalité entre les filles et les garçons et l’inclusion.
Le jury choisit-il la question à l’oral d’EPS ?
Le jury propose deux questions et vous en traitez une seule. Le choix vous revient, et il fait partie de l’épreuve : mieux vaut retenir rapidement la question pour laquelle un exemple concret vous vient à l’esprit plutôt que d’hésiter pendant la préparation.
Sur quel programme réviser l’oral d’EPS du CRPE bac+3 ?
Sur les programmes d’enseignement commun d’EPS du cycle 4, comme pour le reste du concours bac+3. Les exemples que vous mobilisez doivent en revanche concerner l’école maternelle et élémentaire, en s’appuyant sur les quatre champs d’apprentissage des programmes du primaire.
L’oral d’EPS du bac+3 est-il le même que l’oral d’APSA du bac+5 ?
Non. L’oral d’APSA appartient au concours bac+5, organisé jusqu’à la session 2027, et suit un format différent. La partie EPS de la seconde épreuve orale du concours bac+3 est une épreuve distincte, avec ses trois domaines de connaissances et sa notation sur 8 points.
